Une figure emblématique de l’audiovisuel guinéen a tiré sa révérence

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14 janvier 2020

Une figure emblématique de l’audiovisuel guinéen a tiré sa révérence

Elhadj Alkaly Mohamed Keïta, Fondateur de la célèbre troupe national de théâtre en langues nationales « PÈSSÈ », n’est plus!

Je portais une forte admiration (sans le connaître de près) à cet homme de lettre très cultivé (français et langues nationales).

Il s’en va avec pleins de tristesse concernant l’arrêt de la diffusion de la série qui egayait tant les guinéens. « PÈSSÈ » (qui veut dire réalité, vérité, exemple…en langue sousou de la Basse-Guinée), mettait en scène des faits de société tels que: la polygamie, la malhonnêteté, les voyages à l’étranger, les mariages forcés, les cérémonies d’initiation, le détournement de deniers publics, la scolarisation, l’acculturation, l’exode rural, l’immigration, les tricheries dans les élections….Une vraie école audiovisuelle qui a été malheureusement arrêtée, faute de soutien à la culture.

Il y’a moins de deux ans, je l’écoutais sur une station- média et ses propos sont restés frais dans ma tête. Parlant de la raison l’arrêt des séries, Feu Elhadj Alkaly répondit que « Faute de moyens, de soutiens et suite au décès de quelques personnages principaux, ils ont dû arrêter ». Plus loin, il relata: « on se débrouillait pour realiser nos émissions qui passaient de façon régulière à la télé. Quelques années plus tard, suite à un changement de management, la RTG a demandé de payer la diffusion. Comment pouvons-nous financer la diffusion d’une serie qui est realisée par une troupe nationale alors que nous nous débrouillons nous-mêmes pour financer la plupart des réalisations, des fois sans payer les acteurs? Si au moins, on avait des sponsors, là au moins, on aurait payer la diffusion « . (Paraphrases)

Malgré le succès et l’audience de l’émission à l’époque, toutes les séries en langues nationales ont été stoppées progressivement (Sodia, Tonton weekend, leourouguèrè, Min Palamou…).

Pour conclure, il disait que les séries en langues éduquaient, faisaient la promotion de l’unité nationale, la lutte contre l’ethnocentrisme. « Il n’y avait pas de différences entre les guinéens. Tout le monde se retrouvait dans la culture de l’autre malgré les différences ».

« De nos jours, la nouvelle génération consomme les cultures étrangères, les Bollywood, les Nollywood, Hollywood…sont devenus les favoris à la télé le soir. Quelle référence notre jeunesse pourra avoir? Comment pourrons les éduquer si ce qu’ils consomment comme cinéma est étranger et quand c’est à cela qu’ils s’identifient désormais  » (paraphrases). Regratta t- il.

Reposez en paix « Fodé Bangaly Lamina » comme j’aimais souvent me remomerer de vous à cause du Film « Faré Mou sö ma bé ». Vous rejoindrez ainsi Feu « Yakhouba Pèssè », Feu « Fofana Pèssè » et tant d’autres.

Nos prières vous accompagnent dans votre dernière demeurre.

Amen!

#FatoumataChérif

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